Assurance de prêt : le poste que personne ne négocie

    Les acquéreurs passent des semaines à gagner un dixième de point sur le taux, puis signent en quinze minutes le contrat d'assurance proposé au guichet. C'est pourtant là que se trouve, dans la majorité des dossiers que nous instruisons, la plus grosse économie disponible.

    Un exemple chiffré, deux fois le même prêt

    Couple de 38 et 41 ans, non-fumeurs, cadres du secteur privé. Prêt de 430 000 € sur 22 ans pour un trois-pièces neuf à Courbevoie.

    Contrat groupe bancaire

    Taux : 0,34 % du capital initial

    Cotisation mensuelle : 244 €

    Coût total : 64 400 €

    Délégation externe

    Taux : 0,13 % du capital restant dû

    Cotisation moyenne : 96 €

    Coût total : 25 300 €

    Soit 39 000 € d'écart, à garanties strictement équivalentes. Le contrat groupe reste pertinent dans deux situations : un profil médical fragile, où la mutualisation joue en votre faveur, et un emprunteur exerçant une profession jugée risquée par les assureurs alternatifs.

    Les points de comparaison qui comptent

    • Base de calcul. Capital initial ou capital restant dû : la seconde formule fait décroître la cotisation année après année.
    • Définition de l'incapacité. Cherchez une garantie en « toutes professions » plutôt qu'en « profession exercée » restreinte, et un délai de franchise de 90 jours maximum.
    • Exclusions liées au dos et au psychisme. Ce sont les deux causes d'arrêt de travail les plus fréquentes. Un contrat qui les exclut est un contrat vide pour un cadre de bureau.
    • Âge limite de couverture. Vérifiez que la garantie décès porte jusqu'au terme du prêt, pas jusqu'à vos 65 ans.

    La quotité, un arbitrage patrimonial

    Assurer chacun à 100 %, soit 200 % au total, coûte le double d'une répartition 50/50 mais solde l'intégralité du prêt au décès de l'un des deux. Quand les revenus sont déséquilibrés, la logique consiste à couvrir davantage celui qui porte le remboursement : 70/30 protège mieux qu'une répartition arithmétique, pour un surcoût limité.

    Dernier point, souvent décisif : depuis la loi Lemoine, aucun questionnaire médical n'est exigé pour les prêts inférieurs à 200 000 € par emprunteur remboursés avant les 60 ans de l'assuré. Sur un achat à deux, cela ouvre la porte à des dossiers qui auraient été surprimés dix ans plus tôt.