Investissement· Mis à jour le 17 septembre 20264 min

    Passoires thermiques : Le vent tourne pour l'investissement

    Analyse de la future loi logement du 24 juin sur les passoires thermiques, son impact sur l'immobilier neuf à Paris, le déficit foncier et la stratégie d'investissement.

    L'hésitation de Monsieur Dupont, un cas d'école

    Monsieur Dupont, un fidèle client de LUTECIA Patrimoine, est venu nous voir il y a quelques mois, le visage un brin soucieux. Il possédait un appartement haussmannien dans le 9ème arrondissement de Paris, un véritable bijou, mais classé F au DPE. « Faut-il vendre maintenant, avant que la loi ne me rattrape ? » nous a-t-il interrogés, la voix empreinte d'une certaine anxiété. Il craignait d'être pris à la gorge par des travaux pharaoniques, sans certitude sur l'évolution de la législation. Nous lui avons alors conseillé, avec la prudence qui nous caractérise, de temporiser. Une intuition, basée sur nos veilles réglementaires quotidiennes, nous soufflait que le vent pourrait bien tourner. Et voilà que l'actualité nous donne raison.

    Le 24 juin, un nouveau projet de loi sur le logement sera présenté en Conseil des ministres. Son objectif ? Assouplir les contraintes pesant sur les propriétaires de ces fameuses passoires thermiques. Pour beaucoup d'investisseurs parisiens, c'est une bouffée d'oxygène inespérée, mais aussi l'occasion de revoir leur stratégie. Ne pas « attendre la prochaine présidentielle » semble être le maître mot du gouvernement, signifiant une volonté d'agir vite.

    Un tournant législatif pour l'investissement ancien

    L'annonce de ce projet de loi marque une inflexion notable dans la politique du logement. Fini le couperet sans appel pour les biens énergivores, du moins dans l'approche initiale. Le gouvernement semble prendre conscience des défis colossaux que représente la rénovation énergétique du parc immobilier français, notamment dans les grandes agglomérations comme Paris. Les propriétaires, et particulièrement les bailleurs, étaient confrontés à un dilemme cornélien : engager des travaux coûteux et complexes, ou subir une dévalorisation de leur patrimoine, voire une interdiction de louer.

    Ce revirement, ou plutôt cette adaptation pragmatique, offre un sursis bienvenu. Il ne s'agit pas d'un retour en arrière total, mais plutôt d'une tentative de trouver un équilibre entre les impératifs écologiques et la réalité économique des propriétaires.

    « Le logement est un droit, mais aussi un investissement. L'État doit concilier ces deux réalités sans asphyxier le marché. »

    Selon notre analyse chez LUTECIA Patrimoine, cet assouplissement pourrait freiner la vague de ventes forcées que nous redoutions, stabilisant ainsi en partie le marché de l'ancien. Il est clair que la pression sur les propriétaires était devenue intenable pour certains.

    Les répercussions sur le marché parisien

    Paris, avec son bâti ancien et souvent classé, est particulièrement concernée par cette problématique des DPE catastrophiques. Les immeubles haussmanniens, malgré leur charme indéniable, sont souvent de véritables passoires énergétiques.

    Pour les investisseurs, cette nouvelle loi ouvre de nouvelles perspectives :

    • Moins de pression à la vente : Les propriétaires de biens classés F ou G auront un délai supplémentaire, ou des obligations allégées, pour se conformer. Cela pourrait réduire l'afflux de biens décotés sur le marché.
    • Stratégies de rénovation repensées : Les incitations fiscales pour la rénovation, comme le déficit foncier, pourraient devenir encore plus attractives si les contraintes légales sont modulées. Un de nos clients a récemment optimisé son investissement en Île-de-France grâce à un important déficit foncier généré par des travaux de rénovation, tout en améliorant significativement la performance énergétique de son bien.
    • Valorisation du patrimoine : Un bien qui était menacé de dépréciation massive retrouve une bouffée d'air. Sa valeur pourrait se maintenir plus facilement.

    Cependant, ne nous y trompons pas : l'objectif de performance énergétique reste d'actualité. L'État cherche juste à adoucir la pilule.

    L'immobilier neuf à Paris, une valeur refuge intemporelle

    Alors, cette nouvelle loi rend-elle l'investissement dans l'ancien plus attractif que le neuf ? Pas si simple. Bien que l'assouplissement soit une bonne nouvelle pour les propriétaires de biens anciens, l'immobilier neuf à Paris conserve des atouts indéniables, souvent mis en lumière par nos experts.

    • Performance énergétique intrinsèque : Un logement neuf respecte d'emblée les dernières normes RT2012 ou RE2020, garantissant un DPE A ou B. Fini les soucis de passoires thermiques !
    • Confort moderne et faibles charges : Moins de travaux à prévoir à court et moyen terme, des matériaux performants, une isolation phonique et thermique optimale.
    • Avantages fiscaux pérennes : La loi Pinel (pour les quelques programmes encore éligibles en 2024), ou la loi Denormandie pour l'acquisition de biens à rénover dans certaines zones, offrent des réductions d'impôts substantielles difficiles à ignorer. Le neuf vous protège des aléas législatifs sur le DPE.

    Notre avis d'expert est formel : investir dans le neuf, c'est s'offrir une tranquillité d'esprit sur le long terme, à l'abri des futurs ajustements réglementaires liés à l'énergie.

    Stratégies d'optimisation : Déficit foncier et Denormandie

    Pour ceux qui possèdent déjà des biens anciens ou envisagent d'acquérir un bien à rénover, le déficit foncier reste une mécanique fiscale de premier ordre. Il permet d'imputer les travaux de rénovation (notamment énergétiques) sur les revenus fonciers, voire sur le revenu global sous certaines conditions. C'est un puissant levier pour réduire sa facture fiscale tout en valorisant son patrimoine. D'après nos observations terrain, les investisseurs avertis s'en servent systématiquement.

    Quant à la loi Denormandie, elle vise à encourager l'investissement locatif dans l'ancien avec travaux. Si Paris n'est pas directement éligible, certaines communes de la petite et grande couronne offrent cette opportunité. C'est une excellente alternative pour ceux qui veulent investir dans un bien avec du caractère tout en bénéficiant d'un coup de pouce fiscal significatif, à condition de réaliser des travaux substantiels pour améliorer la performance énergétique.

    Ces dispositifs, combinés à l'assouplissement des règles sur les DPE, ouvrent un champ d'action plus large pour les stratégies patrimoniales. Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, c'est le credo.

    Un horizon plus clair pour les investisseurs ?

    Ce projet de loi, s'il est adopté, devrait apporter une précieuse clarté aux investisseurs immobiliers parisiens. Finie l'incertitude paralysante qui régnait autour des passoires thermiques. L'État semble enfin comprendre que la transition énergétique ne peut se faire sans l'accompagnement et le soutien des propriétaires. C'est une démarche plus réaliste, plus nuancée, qui reconnaît la complexité du parc existant.

    Pour autant, la vigilance reste de mise. Les détails de la loi seront cruciaux. Il faudra bien analyser les conditions d'assouplissement, les éventuelles contreparties, et les nouvelles échéances. Mais une chose est sûre : le marché de l'investissement locatif à Paris, et au-delà, respire un peu mieux. La gestion de patrimoine devient un peu moins un casse-tête chinois.

    Dans ce contexte évolutif, quelle est votre stratégie pour optimiser votre patrimoine immobilier ?

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    SD

    Sophie Demarquet

    Conseillère en Patrimoine Immobilier

    Spécialiste de l'immobilier neuf parisien depuis plus de 12 ans, Sophie accompagne investisseurs et primo-accédants dans leurs projets d'acquisition en VEFA. Elle intervient régulièrement comme experte sur les dispositifs de défiscalisation.

    Rédigé par l'équipe éditoriale de LUTECIA Patrimoine · Dernière mise à jour le 17 septembre 2026